27 mai

Un coeur simple, une exposition collective, dans la Galerie Sans Titre, Bruxelles, 10 décembre 2009 – 30 janvier 2010. Avec Rachida Azdaou, Deborah De Robertis, Thomas Gevaert, Sherrie Levine, Assunta Ruocco, Cécile Vandernoot, Nadia Wadhwania, Céline Willame.

Pour Michel, détail, R. Azdaou, décembre 2009, 436 x 253 cm, feutre sur papier de soie tapissé.

Tu filmes pas quand j’écris? Règle n°13: Le mot érotisme sera remplacé par exotisme D. De Robertis.

Jacqueline Mesmaeker, détail, T. Gevaert, 2008, vidéo et images.

Pictures and Frames, détail, A. Ruocco, 2009, 4 x 6 inches paintings, 4 x 6 inches photo frames, A4 photo frame, three windows photo frame.

ELLE (Avec évidence.) (Saoule ou folle), elle sourit et elle crie. ELLE. ELLE.

ELLE. LUI. ELLE. Elle cherche, elle cherche, elle cherche. ELLE. (Presque maligne.) Ils se rapprochent. LUI; ELLE (Un temps.)

HA mon amour, détail, C. Vandernoot, 2009, édition, 12 x 19,5 cm.

Florence, N.Wadhwania, novembre 2009, photographie numérique.

C., arrêt sur image, C.Willame, 2009, vidéo, 11 min. 40 s.

Futur chapitre IV de Poser, roman, M. Assenmaker, images A.Fontenelle.

6 mai

Photographies et texte: Michel Assenmaker
Choix des photographies: Céline Willame
De Suite 2, il a été tiré trente-sept exemplaires, dont deux hors commerce, sur les presses de Cultura à Wetteren.

Chine, 1980-1981.

« Aujourd’hui, c’est le 16 avril. Il fait très beau à Pékin. Les lilas sont tout en grappes, en fleurs. Leurs odeurs sont merveilleuses, lourdes, surtout le soir. Les forsythias, les pêchers, les pruniers, et puis des tas d’autres fleurs, un peu partout. Je ne sais toujours pas ce que je vais faire, et en fait je me demande comment vous allez. Sans doute, à Bruxelles, il doit commencer à faire beau, pas très chaud sans doute. Mais il doit y avoir de beaux nuages, de temps en temps de la pluie, et vous êtes tous, et toutes, à vos occupations. Hier, il a plu. Ce qui fait qu’aujourd’hui, tout est vert, resplendissant, une pluie d’or comme on dit ici, une pluie de printemps c’est une pluie d’or. En tout cas, c’est ça de moins à faire pour le pays. »

Suite 2, 2017, impression digitale, 36 pages, 21 x 24 cm.

22 avril

-Je me demande. Ces gens savaient trop de choses. Avec un simple nom ils racontaient la nuée, la forêt, les destins. Ils virent certainement ce que nous connaissons à peine. Ils n’avaient ni le temps ni le goût de se perdre dans des songes. Ils virent des choses effrayantes, incroyables, et n’avaient même point d’étonnement. On savait ce que c’était. S’ils ont menti, alors toi aussi quand tu dis: »c’est le matin », ou: »Il va pleuvoir », tu as perdu la tête.
– Ils ont prononcé des noms. C’est bien cela. En sorte que parfois je me demande si d’abord ce qui fut, c’étaient les choses ou les noms.
– Ils furent ensemble, crois-moi. Et ce fut ici, dans ces pays incultes et solitaires. Faut-il s’étonner qu’ils soient montés jusque là? Que pouvaient chercher ces gens sinon la rencontre des dieux?
– Qui peut dire pourquoi ils s’arrêtèrent ici? Mais en chaque lieu abandonné il reste un vide, une attente.

– Non so. Quella gente sapeva troppe cose. Con un semplice nome raccontavano la nuvola, il bosco, i destini. Videro certoquello che noi sappiamo appena. Non avevano né tempo, négusto per perdersi in sogni. Videro cose tremende, uncredibili,e nemmenostupivano.Si sapeva cos’era.Se mentirono quelli, anche tu allora, quando dici « è mattino » o « vuol piovere », hai perduto la testa.
– Dissero nomi, questo sí. Tanto che a volte mi domando se furono prima le cose o quei nomi.
– Furono insieme, credi a me.E fu qui, in questi paesi incolti e soli. C’è da stupirsi che venissero quassú? Che altro potevano cercarci quella gente se non l’incontro con gli dèi?
– Chi può dire perché si fermano qui? Ma in ogni luogo abbandonato resta un vuoto, un’attesa.
Al tramontar del sol, la ninfa mia,
de flores despojando el verde llano,
cuantas troncaba la hermosa mano,
tantas el blanco pie crecer hacía.

Ondeábale el viento que corria
el oro finocon error galano,
cual verde hoja de álamo lozano
se mueve al rojo despuntar del día.

Mas luegoque ciñó sus sienes bellas
de los varios despojos de su falda
(término puesto al oroy a la nieve),

juraréque lució más su guirnalda
con ser de flores, la otra ser de estrellas,
que la que illustra en cieloen luces nueve.

Au coucher du soleil, ma nymphe,
de fleurs dépouillant la plaine verte,
autant en coupait sa belle main,
autant son blanc pied en faisait croître.

Ondulait le vent qui courait
son or fin avec élégante erreur,
tel verte feuille de peuplier superbe
bouge au rouge coin du jour.

Mais dès qu’elle ceignit ses tempes belles
des diverses dépouilles de sa robe
(limite posée à l’or et à la neige),
je jurerai que plus brilla sa guirlande
bien que de fleurs, et l’autre d’étoiles,
que celle qui le ciel illustre en neuf lumières.

Suite 1, 2017, impression digitale, 24 pp., 21 x 24 cm.

16 avril

UNE CHOSE

faite, le

reste suit.

*

Non pas venu de non pas
mais dans dans.

*

Ici ici
ici.Ici.

À la question de savoir où allait une quelconque chose que l’on avait jetée, mon père lui avait répondu un jour: dans l’espace cosmique. Lorsque peu après la cendre de cigarette eut disparu dans le cendrier, il demanda: tu l’envoies dans l’espace cosmique? Depuis le cendrier s’appelle « espace cosmique », mais le lendemain « peau de chenille ».
Partisan du diffus.
Au clair sur l’essence des illusions.
Une bête avec un reflet d’étoile.
Pèlerinage à travers le chaos.
Morale de l’état créateur.
Perfois passif.

n°9, 2015, impression digitale, 28 pp., 21 x 30 cm.